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rencontre avec pascal raud

Entretien réalisé le 07.02.2026

Pour cette rencontre, nous avons eu le plaisir de rencontrer Pascal Raud ! Corédacteur en chef de la revue Solaris, traducteur littéraire et écrivain. 

En quoi consiste le rôle de directeur littéraire chez Solaris ?

Nous sommes plusieurs dans le comité de direction littéraire. Ensemble, nous décidons quels textes seraient potentiellement intéressants pour la publication. Par la suite, le triage des textes se fait selon la personne qui veut s'en charger, puisqu'on a évidemment des affinités plus ou moins grandes selon ce qui a été retenu.

À ce moment-là, individuellement, on relit les textes, on les décortique à fond et on regarde ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas ou ce qui pourrait fonctionner, mais qui a besoin d'être poussé encore un peu.

Mon rôle, c'est un peu comme un coach pour écrivain. Par exemple, si vous regardez le sport, vous avez des athlètes. Ceux-ci sont déjà bons, ils sont déjà des sportifs accomplis, mais ils ont des coachs, et ces coachs sont là pour les motiver afin d'avoir de meilleurs résultats.

Le directeur littéraire fait exactement ça; il regarde le texte et se dit: « Est-ce qu'on pourrait le pousser plus loin, dans l'esprit de celui-ci, sans trahir ce que l'auteurice veut en faire ? ». Donc, je vais motiver la personne selon son niveau d'expérience.

Si j'ai, par exemple, quelqu'un de la relève qui n'a jamais publié de textes, je vais lui demander jusqu'où est-ce qu'il pense pouvoir aller dans sa réécriture. Nous travaillons toujours dans le sens du texte et dans le sens de l'auteurice. Je ne vais jamais dire: « Je pense qu'il devrait être écrit de telle façon, parce que c'est comme ça que moi je l'écrirais. »

En fait, le but, c'est que la personne, qui va publier peut-être son premier texte dans Solaris, puisse regarder celui-ci dans 10 ans et se dire: « Je suis encore fier de ce que j'ai écrit, parce que c'était le maximum de ce que je pouvais faire avec les outils que j'avais au moment où je l'ai publié. »

Quels sont les enjeux principaux de Solaris ainsi que des autres revues littéraires pour rester visible dans ce vaste monde de l'édition ?

La raison principale pour laquelle les revues disparaissent en général, c'est que les troupes s'épuisent. Beaucoup de revues sont constituées uniquement de bénévoles qui se chargent de tout. Solaris, justement, existe depuis 52 ans, mais les 25 premières années, c'était du bénévolat. En France, c'est la même chose; les équipes se brûlent totalement parce que personne ne peut être payé.

Il est à comprendre que c'est très difficile d'avoir du financement pour faire exister les revues. Par exemple, le montant des subventions au Canada n'a pas changé depuis au moins 15 ans, et avoir accès à celles-ci est un processus compliqué. Il faut avoir beaucoup d'argent à mettre dans une revue pour pouvoir assumer, entre autres, les coûts administratifs et les salaires.

Donc, les revues qui continuent de survivre sont majoritairement affiliées à des maisons d'édition. Par exemple, Solaris est liée à la maison d'édition Alire. Heureusement, nous avons conservé notre indépendance dans la rédaction, car ce ne sont pas les mêmes personnes qui dirigent ces deux institutions.

Un autre enjeu pour les revues est le format court qui n'est pas aussi populaire dans la francophonie que du côté anglophone, ce qui est complexe lorsqu'il faut trouver des textes. Par exemple, au Québec, il existait la revue Alibis, spécialisée dans la littérature policière, le polar et le thriller. Cette revue a eu 60 numéros, et nous avons dû la fermer en 2016, car nous ne recevions pas assez de textes. C'est pourtant très, très populaire du côté anglophone. En fait, les revues de création littéraire sont un héritage direct des revues américaines. C'est dommage, parce que c'est vraiment une école d'écriture absolument fabuleuse.

pascal raud

auteur, traducteur, rédacteur

Né en France et installé au Québec depuis vingt-cinq ans, Pascal Raud est corédacteur en chef de la revue Solaris, mais aussi traducteur littéraire. Il a traduit une vingtaine de romans, dans les genres policier, science-fiction et fantasy, mais aussi queer. Comme écrivain, il a publié en revues et collectifs une vingtaine de nouvelles dans les genres de la science-fiction, du fantastique et du policier. Sa nouvelle fantastique « La Mémoire du papillon » a remporté le prix Aurora-Boréal en 2021. Il a également publié en 2024 l’essai « Entre siestes et théières » dans le collectif Libérer la paresse (Remue-Ménage), et en 2025 la nouvelle « Sous la terre, des racines », dans le collectif Vols en dérive dirigé par Élisabeth Vonarburg (Alire). Homme trans, il s’intéresse aux voix atypiques et aux grandes transformations, extérieures comme intérieures.

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Cheesy Platypus
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